"JOURNAL BÊTE ET MÉCHANT". L'illustre slogan, né d'une lettre d'un lecteur outré, fut, dans les années 60, fièrement brandi par HARA-KIRI, antidote hors pair à la bienséance et à la presse normopathe.
- BERNARD PONS
- 22 août
- 1 min de lecture

Mensuel créé en septembre 1960➊, défenseur acharné de la liberté de la presse, épousant d'emblée un ton provocateur, grivois, antimilitariste et souvent absurde➋, il révéla nombre de dessinateurs emblématiques➌, avant de devenir, en 1969, "L’Hebdo Hara-Kiri", version interdite un an plus tard après une couverture jugée scandaleuse sur la mort du général De Gaulle (ci-contre).
Dans la foulée, cette mise à l'index donnera naissance au toujours actuel "Charlie Hebdo", fondé par la même équipe, avec une ligne éditoriale tout aussi mordante
Par la suite, HARA-KIRI connut quelques tentatives de relance qui ne retrouvèrent ni l’impact ni la régularité du journal d’origine.
Quelques couvertures parmi les moins scabreuses (cliquer pour agrandir)
Sur quoi chaloupait-on alors ?
╰┈➤Sheila "Le folklore américain" | INA (1965)
➲La marque Hara-Kiri a été rachetée en 1990 par un psychiatre de Bergerac (Dordogne) qui l’a ensuite louée à divers éditeurs.
➲Aujourd’hui, Hara-Kiri est surtout un souvenir culte, une référence dans l’histoire de la presse libre et provocante mais son esprit perdure à travers Charlie-Hebdo.

Notes
➊Par François Cavanna, Georges Bernier (alias Professeur Choron) et le dessinateur Fred.
➌Ce qui n'empêchait nullement articles de fond et reportages.
➌Tels Reiser, Gébé ou Topor mais aussi les défunts Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, victimes, le 7 janvier 2015, de l'attentat islamiste perpétré contre leur journal, le jour même de la sortie de son numéro 1177 (ci-contre).






















